Vous avez dit
Générique - Substitution
29 juin 2010
Suite au texte ci-dessous sur les génériques de la lettre précédente ( N° 181 - 27 juin 2010 ),
Le médicament générique
Un médicament générique est donc un médicament identique ou bioéquivalent à celui d'une marque (appelé médicament princeps contenant le principe actif de référence), mais produit et vendu sous sa dénomination commune internationale (DCI).
Le médecin reste maître de sa prescription et qu'il lui appartient de signaler, lorsqu'il l'estime nécessaire, qu'il ne veut pas que le produit princeps qu'il a prescrit soit substitué par un générique.
la loi prévoit que le dispositif "substitution contre dispense d'avance des frais" peut ne pas s'appliquer dans les cas pour lesquels la substitution peut poser des problèmes particuliers au patient.
Dans l'intérêt même des patients, notamment âgés ou particulièrement vulnérables, le respect de l'aspect extérieur d'un princeps par un générique est source de sécurité. Pour autant, le générique peut ne pas être la copie conforme du princeps en termes de forme, couleur ou de taille [Lire] (CNOM)
D''autant que d'un mois à l'autre le pharmacien peut changer de fournisseur du générique.
texte qui faisait état du "Rapport adopté lors de la session du Conseil national de l’Ordre des médecins du 4 février 2010",
Je remercie Nicolas TURPIN, pharmacien, de sa réponse ci-dessous
Bonjour
Encore un article sur les génériques ? Décidément ! Et je suis toujours en désaccord.
Sauf votre respect, ce que vous dites on le sait déjà depuis longtemps.... (très longtemps....)
Je vais donc moi aussi me répéter au risque de passer pour un pharmacien chiant:Sachez également pour revenir à mon sujet initial que la sécu va sanctionner les pharmaciens qui ne substituent pas : 5 d'entre eux vont recevoir un courrier officiel avec pour 3 d'entre eux menace de dé conventionnement. Juste un petit instant, mettez vous dans la peau de ces pharmaciens qui risquent de tout perdre sur des polémiques inutiles.
- La couleur, la forme, l'odeur, le goût abricot et patin et couffin ?
Je vous ai déjà donné une liste non exhaustive de produits parfaitement identiques au princeps... mais que faut il faire de plus ?
Et puis , je me répète encore une fois il suffit de bien faire son boulot, je substitue pas mal chez moi et les cas de non substitution ce sont comme vous dites les gens qui sont vulnérables, âgés ou qui sont réfractaires. Je n'ai aucun état d'âme à ne pas substituer dans des cas particuliers.
- Changer tous les mois? C'est n'importe quoi.... je ne le fais quasiment jamais....et si on le fait par obligation (rupture de stock fabricant) une explication claire est systématiquement donnée au patient ....sauf si c'est un mauvais pharmacien (il faut alors en changer !).
- Si je puis me permettre après votre dernière lettre avec la publication d'un article sur un "attentat pharmaceutique" article très équivoque .... même si je comprends l'exaspération de votre confrère dans ce cas précis (quoique à la Réunion c'est plus souvent le médecin qui refuse les patients SUBUTEX que les pharmaciens) la succession de vos articles mettant en cause des pharmaciens (je me souviens d'un "la pharmacie aux pharmaciens et la médecine aux médecins? "), je me pose la question de votre positionnement "anti-pharmaciens". [Cf infra]
- Si le médecin est "maître" de la prescription, le pharmacien n'est en aucun cas son "esclave" de la délivrance.
Au 21è siècle , je pense que l'on a dépassé ça. Aujourd'hui nous avons le droit de délivrer directement la contraception d'urgence, de dépanner officiellement les patients d'une boîte pour les traitement chroniques, de renouveler la plupart des contraceptif sur ordonnance périmée de moins d'un an. Tout ça nous le faisions déjà avant et de manière très correcte , c'est pourquoi on nous a accordé officiellement ces droits.
Je ne vous parle même pas du Dossier Pharmaceutique qui est en pleine croissance ( 7 millions de dossiers créés) alors même que le Dossier Médical Partagé reste un serpent de mer...
Exact mais les contenus sont très différents.Il est difficile de comparer une liste de médicaments à un dossier médical.
- Sans animosité aucune de ma part, cher ami, nous ne sommes pas tous des épiciers qui ne pensent qu'à leur argent et qui se fichent des patients.
Les amalgames que je sens poindre sont inacceptables.
J'essaie moi même de faire correctement mon boulot et de nombreux confères en font autant. Nous ne sommes pas seulement des marchands de boîtes, nous sommes de véritables intervenants de santé qui seront à l'avenir amenés a jouer un grand rôle dans les actions de prévention et les réseaux de santé.
Je crois être un bon professionnel et c'est à ce titre que je réagis.
Cordialement,
Nicolas TURPIN
Pharmacie du 14e
Réponse
Bonjour,
Je pense avoir des relations généralement satisfaisantes avec les pharmaciens qui sont de temps en temps confrontés à "mon écriture de cochon". Je leur dois aussi parfois une fière chandelle sur une faute d'association thérapeutique surtout depuis les logiciels mis à leur disposition. Et c'est très bien ainsi car il est alors dans son rôle de professionnel de santé.
Toutefois, sur le plan déontologique je dois avouer être plus réservé depuis la crise du chikungunya pendant laquelle j'ai vu des pharmacies commercialiser des produits et dispositifs anti-moustique (comme les bracelets anti-moustiques et autres lotions aux plantes ) inefficaces et quand je vois le nombre de produits "conseils" sans intérêt démontré, produits souvent fort onéreux et indignes d'une prestation de professionnel de santé.
Je n'ai pas dit "épicier" mais surfer sur le médical pour vendre de la "soupe" amaigrissante ventre plat....
Enfin, pour revenir aux génériques j'aurai préféré :Certes "le pharmacien n'est en aucun cas mon "esclave" de la délivrance" mais je ne lui accord pas non plus les compétences de juger et/ou de commenter la pertinence du traitement que j'ai prescrit et dont j'assume la responsabilité.
- que les princeps s'alignent sur le prix des génériques
- que les excipients à effet notoire soient pris en compte [Lire]
- que la multiplication des génériques (plus de 60 pour l'ibuprofène) soit limitée
- qu'un générique ne puisse pas utiliser un nom de fantaisie commercial mais seulement la CDI
- qu'un pharmacien prenne l'intiative d'un NS oublié par le médecin lorsque le patient dérouté et souvent âgé soit perdu dans les DCI
Très cordialement
Dr H. Raybaud[Retour à la page précédente]