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Nicolas Sarkozy promet d’en faire
« la grande affaire de [son] quinquennat »
coordination29 - generalistes2005 - mobilisation-MG
Pamela Messi - 7 juillet 2010
En visite ce matin à l’hôpital local de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), le président de la République a essentiellement tenu à faire passer deux messages :Souriant et en apparence détendu, accompagné de la ministre de la Santé et du Pr Arnaud Basdevant (qui pilote le plan de lutte contre l'obésité), le chef de l’Etat a d’abord visité les services d’hospitalisation de médecine générale, de soins de suite et de réadaptation gériatrique de cet établissement de 288 lits spécialisé dans l’accueil des personnages âgées. Mais l’objectif était surtout de discuter « médecine de proximité » avec les personnels soignant et administratif.
le premier (officiel) s’adressait aux médecins libéraux pessimistes quant à l’avenir de leur profession ;
le second (officieux) était destiné aux médias couvrant « l’affaire Bettencourt »* et à qui Nicolas Sarkozy a suggéré de se concentrer sur de « vrais problèmes » – comme la santé – « au lieu de s’emballer à la première calomnie ».
Pour ses promoteurs en effet, l’hôpital local, situé à la croisée des secteurs sanitaire et médico-social et offrant des lits d’hospitalisation publique tout en faisant intervenir des généralistes libéraux, représente l’une des solutions à développer pour améliorer le maillage sanitaire du territoire.
Or, dans un département où l’on voit « plus de médecins prendre leur retraite que s’inscrire au tableau de l’ordre » et « où il n’y a ni fac, ni CHU », l’hôpital local est en danger, s’est inquiété André Deseur, président de la section Exercice professionnel à l’Ordre des médecins et généraliste dans le département.
« On a entendu beaucoup de discours sur l’importance de la médecine de proximité mais en pratique, tout ce que nous constatons c’est un dépeuplement de nos départements sans aucun signal positif visant à inciter, réellement, les jeunes générations à s’installer en libéral », soupire Georges Siavellis, généraliste à Noisy-le-Sec (93). Si rien ne change d’ici quatre ans, sa maison de santé pluridisciplinaire qui héberge actuellement quatorze professionnels de santé devrait fermer ses portes, la moitié des praticiens ayant annoncé leur départ en retraite.
Stupéfait d'apprendre que les trois quarts des nouveaux inscrits à l'Ordre dans le 77 choisissent le salariat - « Et on continue à parler de ''médecine libérale'' ? » -, Nicolas Sarkozy a promis de faire de « la question de la désaffection de la médecine libérale » la « grande affaire de [son] quinquennat
. Sa solution : « bâtir un nouveau cadre conventionnel pour la médecine libérale, après que Roselyne [Bachelot] se soit très bien occupé de l’hôpital ». Le Président compte poser « à l’automne » la « question de la rémunération et de la gratification des médecins ». « Je vous proposerai des changements et je ne cèderai pas sur la nécessité de la réforme », a-t-il promis.
Au passage, Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d’un autre chantier qui sera « résolu dans l’année 2011 » : la réforme de la dépendance. « A la minute où la réforme des retraites sera finie, sans doute vers octobre, j’engagerai immédiatement une consultation », a-t-il expliqué avant de s’engager sur les résultats : « nous créerons le cinquième risque et nous organiserons le financement de la dépendance. »
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